Difficile de savoir par où commencer, c’est vrai qu’en 3 semaines on en a vu des choses dans la forêt !! L’aventure a même débuté dès notre départ de Tana, avec nos 5 heures de minibus (une chaleur étouffante) et le fabuleux dégradé de paysages des hautes terres jusqu’au littoral. Nous sommes arrivés à notre point de rendez-vous avec près de 2h30 de retard (une habitude malgache qu’il a fallu qu’on intègre rapidement) et nous avons sauté dans notre bateau de croisière (voir photo) appelé le Katakatak (on vous laisse imaginé le bruit qu’il fait…). Dur périple pendant la nuit, sur le canal des Pangalanes, pour éviter les barrages à poissons ! Nous sommes finalement à bon port à Andranokoditra (ça se prononce Andranekoutre), on a eu de la chance, c’est une des rares fois où le bateau n’est pas tombé en panne. Comme nous sommes arrivés dans la nuit noire (bein ouais y a pas d’électricité pour ceux qui ne s’en doutaient pas !), notre réveil fut spectaculaire en ouvrant nos volets sur l’océan indien. Après quoi, nous avons fait connaissance avec l’équipe de Vohibola (c’est le nom de la forêt où on travaille) : les guides, les pépiniéristes, les agents forestiers… Mais aussi les habitants du village qui ont tous le cœur sur la main (quand ils n’ont pas trop peur de nous) : madame Hélène et sa petite épicerie, Olivette qui nous fait la cuisine quand elle n’a rien d’autre à faire… Et bien sûr Joachim, une personne ressource dans de nombreux domaines, qui s’occupe de tout ! Première sortie en forêt sous un soleil de plomb (ah on les a senties les fêtes de Noël !) mais Chloé a vu ses premières grenouilles malgaches. On a décidé depuis ce jour de partir dès l’aube pour éviter les grosses chaleurs mais l’organisation n’est pas toujours évidente : c’est tout un programme pour traverser le canal jusqu’à la forêt, pirogue oblige (encore faut il trouver la pagaie ou la clef du cadenas) ! Les premières sorties nous ont permis de prendre des points de repères et d’identifier différents layons utiles pour nos protocoles (et oui faut bien bosser un peu quand même). Mais le début de nos expérimentations a été compromis par des pluies torrentielles durant trois jours, résultat : les pieds dans l’eau à la sortie de la case ! Mais bon, on a joué au Uno® ! Du coup, on a pas mal piétiné les derniers jours pour nos études (ou pataugé quand on été motivé). Le ruisseau qui d’habitude se traversait en botte nécessitait des cuissardes (de l’eau jusqu’à la taille pour les plus grands).
Le dimanche, nous avons invité les guides et leurs familles à déjeuner avec nous : le repas typique de riz et poissons était au rendez-vous. Nous avions demandé un coup de main pour faire cuire le riz, parce que nos 10 premières tentatives laissaient à désirer. Essayez, vous, de faire du riz sans l’égoutter : il faut la bonne dose d’eau, la bonne dose de riz, de l’eau bouillante qui déborde, et du sable pour nettoyer le tout ! Du coup, on s’est fait virer des fourneaux pour la cuisson du poisson ; visiblement on s’y prenait mal. Au lieu d’être des hôtes, on a fini invités, mais bon, c’était bien sympa et ils étaient contents quand même ! La prochaine fois on enferme les femmes dans une case et c’est nous qui faisons tout. Il faut dire qu’une heure avant le repas, les pêcheurs n’étaient toujours pas revenus de l’océan et vu les vagues, on n’était pas sûr qu’ils aient du poisson à vendre !
Il restait une fin de bouteille de gaz quand nous sommes arrivés ce qui nous permettait de faire chauffer un peu d’eau rapidement pour le petit dej’ mais ça n’a pas duré. Maintenant, obligés d’allumer le « fatape » (cuisine au charbon) 2h à l’avance pour se faire à manger (ces derniers jours on a oublié le thé du matin et le café du midi). Joachim est alors partis au petit matin la bouteille de gaz sur le dos, pour une marche de 4 heures jusqu’à la route nationale, direction Tamatave !
Sinon coté observations, on a pu faire quelques sorties nocturnes avant d’être submergé par les eaux. Au menu nous avons pu voir du microcebus (le plus petit primate du monde) (Microcebus rufus), Cheirogalus major et de l’avahi laineux (un drôle de lémurien qui dort les yeux ouverts) (Avahi laniger). La journée, les lémuriens sont beaucoup moins nombreux mais tout aussi jolis ; Caroline, Chloé et Gaël ont eu la chance de pouvoir voir du fulvus (Eulemur fulvus), avec certains qui posent même devant notre objectif (voir photo). Forcement pour Sylvain ils se montrent chaque fois qu’il n’est pas avec eux. En ce qui concerne les grenouilles, cela ne manque pas d’intérêt. Elles chantent dans tous les coins mais elles sont presque invisibles sur les troncs et les feuillages. Comme on dit tous les goûts et les couleurs sont dans la nature … pour les couleurs c’est clair, avec certains de ces petits amphibiens qui blanchissent au soleil et dès qu’on les met à l’ombre ils tendent vers le bleu-violet. Pour le goût, on vous dira ça en rentrant…
Notre retour sur Tana a été un peu plus laborieux, dû aux conditions climatiques. Nous avions prévus de partir dimanche matin vers 4h du matin pour éviter les grosses chaleurs et en bon gaulois que nous sommes le ciel nous est tombé sur la tête dans la nuit. Nous avons donc décidé de repousser de quelques heures notre départ. Vers 9h30 nous avons enfin pris la route enfin plutôt la pirogue durant 2h. Puis nous avons marché sur une dizaine de kilomètres pour une durée de 3h30 … ça vous laisse imaginer le relief qu’on a dû parcourir avec des sacs de 15 kilos environ. Enfin arrivés sur la RN2, presque entier (chloé nous ayant fait une petite crise d’asthme en plein milieu de la cambrousse) nous avons attendu qu’un taxi brousse veuille bien nous prendre, pour nous déposer à Brickaville. Petite ville entre Tana et Tamatave, lynchée ou totalement ignorée par les guides touristiques, on est quand même soulagé d’être arrivé même si il a fallu chercher pendant une demi heure un hôtel sous une pluie sinon diluvienne au moins tropicale. En parlant de tropique, on s’est arrêté dans un petit hôtel que l’on conseille, hôtel du capricorne. Ils ont des chambres très propres et sont très bon marché (10 000 Ar la chambre double soit moins de 5€). On aurait toutefois apprécié pouvoir dormir un peu plus tard que 6h, mais leur isolation en papier mâché n’est pas encore au point !). Donc réveil avec Alpha Blondi, puis Ricky Martin … et oui personne n’est parfais.
Retour à Tana en Taxi Brousse où l’on apprend ce qu’est la convivialité, puisqu’on est tous collé les uns aux autres.
Arrivé sur Tana vers 16h, après un petit tour à l’ONG, on investit la maison des stagiaires. Les jours qui viennent vont être dédiés à la prolongation de nos visas, et à chercher des publications pour nos protocoles.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
Caroline
Chloé
Gaël
Et Sylvain









Chloé